© Lou Breton/M6

Cyril vainqueur du Meilleur Pâtissier : «Mercotte me faisait peur»

Après plusieurs semaines d’une compétition acharnée, la quatrième saison du Meilleur Pâtissier vient de rendre son verdict. C’est Cyril, le talentueux policier de 38 ans, qui a remporté le titre. Il se confie sur cette aventure.

Cyril, comment vous sentez-vous après cette victoire?
Très bien, nous sommes allés au bout du suspense dans la dernière épreuve. Nous nous sommes bien battus avec Carl, et les filles nous ont donné du fil à retordre. Je n’étais pas stressé parce que pour moi, en allant en finale, j’avais déjà tout gagné. Ce n’était que du plaisir. J’étais juste attristé de pâtisser pour la dernière fois sous la tente. J’étais plus nostalgique que stressé.

Comment avez-vous vécu cette finale?
Mon saint-honoré au yuzu et pamplemousse a bien plu au jury, et puis, patatras, j’ai perdu l’avance que j’avais dans l’épreuve de Mercotte, qui a toujours été la plus compliquée pour moi. Je pensais ne pas avoir trop mal réussi la prinsesstarta et finalement j’ai eu pas mal de critiques, notamment sur mon biscuit, qui était trop fariné. Pour la finale, nous étions donc sur un pied d’égalité. Philippe Conticini nous a demandé de réaliser un gâteau glacé de Noël. Et j’ai eu des critiques fantastiques du dieu de la pâtisserie! J’étais venu pour le voir, donc j’étais très heureux. Ma famille était là. Je n’avais pas vu mes deux petits garçons de 6 et 4 ans depuis trois semaines. C’était une sacrée émotion! Cela m’a énormément reboosté.

C’est votre femme qui vous a inscrit…
Elle a toujours cru en moi et m’a inscrit à l’émission sans me le dire. C’est comme ça que tout a commencé. Elle a été d’un soutien terrible, sans elle, je ne serais pas allé au bout. Tous les jours, j’avais un message vocal de mes enfants avant leur départ pour l’école. Je tiens à leur rendre hommage.

Quel a été le moment déterminant de la compétition pour vous?
L’épreuve des macarons! Alors que j’en prépare des tonnes chez moi et que je les réussis tout le temps, j’en ai réalisé 50 au lieu des 100 demandés… Une demi-heure avant la fin de l’épreuve, j’en avais zéro et, quand cela s’est terminé, j’avais réussi à en faire 50 très jolis. Je me suis rendu compte que j’avais progressé et que je pouvais travailler plus vite qu’avant, cela a été un déclic. Après, cela a été une autre compétition. J’ai toujours eu le tablier bleu.

Les seules difficultés que vous avez rencontrées ont été dans les épreuves de Mercotte…
Cela me faisait déjà stresser avant de débuter la compétition. Je n’avais révisé que les gâteaux oubliés… et je ne peux plus les voir! Si c’est oublié, ce n’est pas pour rien… Ce sont des épreuves toujours très techniques, donc cela me mettait une pression supplémentaire, j’avais envie de réussir, c’est devenu une obsession. C’était la seule chose qui me faisait peur…

Pourquoi avoir participé à ce concours?
J’avais regardé les dernières saisons et cela m’avait bien plu. J’ai de bonnes critiques de ma famille et de mes amis sur ma pâtisserie et je me demandais si j’étais capable de me confronter à d’autres pâtissiers amateurs. C’était aussi l’occasion de rencontrer des professionnels et des stars de la pâtisserie. J’adore apprendre et cela pouvait me permettre de découvrir de nouvelles techniques. Je n’ai pas été déçu, j’ai rencontré beaucoup de monde et appris plein de choses. Je ne fais plus du tout la même pâtisserie qu’avant.

Qu’avez-vous principalement retenu?
Avant je mettais plus de saveurs, mais c’était moins équilibré. J’ai retenu qu’il fallait un vrai équilibre, une quantité de sucre parfaite et une rapidité d’exécution. En sucrant moins, chaque produit est sublimé.

Avez-vous noué des liens avec les candidats et le jury?
Il y avait un bel esprit de camaraderie entre nous. On s’aidait et on se soutenait énormément. Comme il n’y a pas d’argent à la clé, mais l’édition d’un livre, c’est bon enfant, il y a moins de stress. Je retiendrai de cette expérience l’échange et le côté humain de l’aventure avec les candidats, mais aussi l’équipe technique. C’est comme une grosse famille. Côté jury, j’ai noué un vrai lien avec Mercotte et Faustine Bollaert. Cyril Lignac est hyperoccupé, il était moins disponible et moins présent. Mais il est vraiment sympa et m’a donné plein de tuyaux. Mercotte, qui fait sèche à la télévision, me faisait un peu peur et c’est en fait une grand-mère adorable qui donne de bons conseils. Faustine, c’est mon coup de coeur. Elle est vraiment très gentille. J’ai toujours des contacts avec elles.

Vous êtes policier, est-ce que votre notoriété a changé quelque chose dans l’exercice de votre métier?
J’étais inquiet, mais cela se passe très bien. En plus de ce qui s’est passé avec les attentats, cela redore le blason de la police. On vient me parler du Meilleur Pâtissier, cela redonne le sourire de voir un policier sympa qui fait de la pâtisserie. Il n’y a jamais un mot déplacé. C’est que du bonheur.

Qu’est-ce qui vous a donné goût à la pâtisserie?
J’ai toujours pâtissé, mais je manquais de moyens techniques et financiers. Depuis cinq ans, je fais de la pâtisserie trois ou quatre fois par semaine. Ce que j’aime, c’est le côté hyperrégulier et technique de l’exercice: peser, mesurer, créer… Depuis la fin du concours, ma famille et mes amis me commandent des gâteaux tout le temps.

Est-ce que vous pourriez changer de métier pour vous lancer dans la pâtisserie?
Ce n’est pas d’actualité parce qu’il faudrait que je passe un diplôme, le CAP, et puis parce que mon métier me plaît. J’ai tout de même des projets en pâtisserie. Je vais donner des cours à des amateurs en petit comité, j’adore expliquer aux gens. Je vais aussi participer en février au forum Taste of Paris. Le rêve continue…

Vous participez au Trophée de Noël, diffusé le 9 décembre sur M6 à 20 h 55, comment cela s’est passé?
J’étais impressionné de me retrouver avec des anciens gagnants que j’avais regardés sur mon canapé! Eux ne m’avaient jamais vu, ils sont d’abord venus avec des pincettes et, finalement, cela s’est très bien passé. C’était une aventure féerique, on s’est éclatés et on a réalisé de superbelles pâtisseries. Je me suis très bien entendu avec Anne-Sophie, avec qui j’ai gardé contact.

Source : Le Figaro.fr – Emmanuelle Litaud – Publié le 03/12/2015

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